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2011-01-03 00:36
analyse/Android

[Analyse] Android peut-il s'imposer sur le créneau du jeu ?


[Pockett.net] - Les smartphones Android remportent un franc succès. Profitant de la force de frappe marketing de plusieurs grands constructeurs de téléphones mobiles, il semble que rien ne puisse plus les arrêter dans leur ascension. Le parc de téléphones équipé du système d'exploitation de Google pourrait bientôt supplanter complètement celui de l'iPhone en termes de parts de marché, et même dès le début 2012 aux Etats-Unis selon les prévisions de Chitika. Pourtant, en termes de jeux vidéos, l'iOS d'Apple garde une sérieuse longueur d'avance qu'elle n'est pas encore prête à perdre. Explications.

La fragmentation, talon d'Achille d'Android
Le cahier des charges d'Android n'est pas très directif et nombre de paramètres sont laissés au choix des constructeurs : écran tactile ou non, multitouch ou non, présence d'un accéléromètre/inclinomètre facultative (mais là en l’occurrence, tous en sont équipés), trackpad ou non, une résolution d'écran au choix parmi cinq, présence et disposition du clavier également libre, etc. Si, en plus, on rentre dans les détails techniques que sont la puissance du microprocesseur ou la mémoire disponible, les choix sont encore plus vastes. Pour ajouter d’avantage à la confusion, au Japon, on trouve désormais des téléphones Android équipés d'écrans 3D relief !

La situation va t-elle s'améliorer ? Peter Vesterbacka de chez Rovio, explique à nos confrères de Tech N Marketing qu' « Android est en croissance, mais gagne aussi en complexité en même temps. Ce n'est pas la fragmentation des appareils qui pose problème, mais plutôt celle de l'écosystème ». Il fait là référence aux nombreuses mises-à-jour du système, qui doivent passer par l'approbation des constructeurs et parfois des opérateurs avant d'être enfin disponibles pour l'utilisateur. Android étant ouvert, certains constructeurs ou opérateurs rajoutent leur surcouche de fonctionnalités. Heureusement, côté mises-à-jour, elles ne sont pas toutes équivalentes : les versions 1.6 et 2.2 sont des repères majeurs pour les développeurs. De plus, les mises-à-jour majeures imposent certaines caractéristiques techniques communes comme la 2.0 qui nécessite impérativement un écran multitouch. Bref, il n'y a rien de surprenant à ce que, dans le lot des applications, il y en ait un nombre important qui ne fonctionne tout simplement pas sur votre appareil pourtant équipé d'Android.





Vous voulez que le jeu que vous avez développé fonctionne sur tous les téléphones Android ? Eh bien, vous allez devoir consacrer une part non négligeable du budget de développement au portage sur les différents modèles, de la même façon que cela était fait pour les jeux Java. Mais Gameloft nous indique qu'il n'est possible de mettre en vente sur Android Market que les fichiers adaptés à une famille de téléphones, pas de vendre un fichier par appareil qui garantirait une meilleure exploitation des terminaux, d'où le besoin pour cette société d'avoir sa propre boutique Android. Or c'est précisément le caractère standardisé des appareils d’Apple et l'économie des coûts de portage en découlant qui avait convaincu foule de développeurs à travailler sur l'iOS. A titre d'exemple, si on regarde la liste d'appareils que Orange compte soutenir sur son Orange App Shop, on constate qu'il y a 11 téléphones fonctionnant avec quatre versions différentes d'Android, soit 13 combinaisons. Et cela ne représente qu'une sélection faite par un seul opérateur.

La plate-forme d'Apple rencontre aussi des soucis de fragmentations avec trois générations matérielles d'iPhone, trois d'iPod Touch et une d'iPad, le tout étant à combiner avec les six dernières mises-à-jour de l'iOS : 3.0, 3.1, 3.2, 4.0, 4.1, 4.2. Il y a ainsi près d'une quarantaine de combinaisons. Cela dit chaque génération d’iPod Touch est le pendant d’une génération d’iPhone, ce qui diminue le nombre de combinaisons. De plus, pour l’utilisateur lambda, la signalétique est claire : le 4 est plus puissant que le 3GS lui-même plus puissant que le 3G... Les mises-à-jour, elles, sont disponibles pour tous les utilisateurs en même temps. C’est probablement pour cette raison qu’elles sont adoptées bien plus vite et par une plus large proportion des utilisateurs sur iPhone que sur Android.

L'utilisateur Android différent de celui de l'iPhone ?
De fait, on sait maintenant que les utilisateurs d'Android rechignent à passer à la caisse, puisqu'ils téléchargent à plus de 98 % des applications gratuites. Cette estimation date du début 2010, elle a peut-être évolué depuis. On peut toutefois remarquer que cette tendance n'a jamais dominé sur iPhone. Elle pourrait aussi perdurer longtemps.

Le constat de Peter Vesterbacka est cinglant : « Les contenus payants ne marchent tout simplement pas sur Android ». Il poursuit : « Personne n'a remporté de succès avec la vente de contenus sur Android. Nous allons proposer un moyen d'enlever la publicité contre l'achat de l'application, mais nous ne nous attendons pas à un énorme revenu par ce biais ». Les problèmes de compatibilité que nous évoquions n'y sont probablement pas étrangers. En effet, il suffit qu’une seule application achetée ne fonctionne pas pour que l’utilisateur perde confiance dans l’ensemble du système.

Peut-être également que certains petites malins se faisaient rembourser leurs jeux ? Sur ce point-là, les choses vont changer puisque le remboursement d'un achat ne peut désormais plus s'effectuer que dans les 15 minutes qui le suivent, et non plus 24 heures. On devine que ce délai correspond au temps laissé à l'utilisateur pour voir si l'application téléchargée fonctionne sur son modèle de téléphone. Quand on voit le nombre de bogues rapportés dans les commentaires des utilisateurs sur l'App Store malgré les tests rigoureux d'Apple, on comprend aisément la situation sur Android Market où aucun test technique n'est pratiqué avant la publication d'une application.

Le marché des applications Android lui aussi fragmenté
Face à la simplicité déconcertante d'utilisation de l'App Store qui a su inciter le grand public à franchir le pas de l'achat de contenu numérique, quel système nous propose t’on pour Android ? Une multitude de Market : l'Android Market de Google (inaccessible pour les écrans de plus de 7 pouces), la boutique en ligne de Gameloft évoquée précédemment et ses déboires récents, l'AppLibs d'Archos ou encore des indépendants multiformats comme GetJar, bientôt l'Orange App Shop car les opérateurs vont s'y mettre aussi... Pour compliquer un peu plus encore, chaque Market ne propose pas toujours les mêmes versions d’un même jeu, celui de Gameloft par exemple propose, d’après le développeur, les versions les plus optimisées pour chaque type de téléphone. Enfin, ils utilisent différents types de facturation : carte bancaire, SMS surtaxés, ajout à votre facture de téléphonie, Paypal parfois également. Bref, là aussi, la fragmentation fait rage et il est bien difficile de mettre l'utilisateur grand public en confiance. Seuls les technophiles s'y retrouvent, intéressés par un système d'exploitation ouvert, des applications gratuites et pourquoi pas le piratage si facile sur ce format, autrement dit une niche de consommateurs, pas forcément prêts à ouvrir leur portefeuille.

Retour sur 2010
Qu'avons-nous vu en 2010 sur le marché des jeux Android ? Des portages de jeux iPhone plusieurs mois après leur sortie sur l'App Store. Soit rien de bien neuf, et surtout rien (ou presque) d’exclusif à Android. Et c'est bien la différence entre une console de salon et un système d'exploitation libre. Qui paiera pour avoir tel ou tel blockbuster en exclusivité sur son appareil comme ont pu le faire Sony ou Microsoft ? Probablement personne. Or on voit bien que les développeurs indépendants ont tendance à chercher un public toujours plus large avec une extension multiformat de leurs jeux, comme c'est le cas pour Gameloft, Electronic Arts, Glu, Chillingo... Bref, tous les acteurs majeurs de la scène iPhone. L'App Store fait désormais office de marché de test avant d'aller sur les autres plates-formes. Moralité : les possesseurs de smartphones intéressés par le jeu auront tout intérêt à choisir un iPhone pour profiter des titres au plus tôt !
Le cas d'Angry Birds est édifiant. Cet énorme succès sur iPhone est également devenu un énorme succès sur Android. Sauf que pour atteindre les sept millions de téléchargements le jeu a profité de deux facteurs non négligeables : sa gratuité sur Android et l'énorme bruit qu'a fait la version iPhone (payante).

Les jeux Android en panne de buzz
Et c'est aussi comme cela que l'iOS a remporté le succès qu'on lui connait en termes de téléchargements payants. Avec la foule de jeux et d'applications que son entourage direct - souvent équipé du même modèle ! - recommande à l'utilisateur grand public, il finit par franchir le pas. La force du bouche-à-oreille sur iPhone est qu'il arrive à dépasser le cadre d'Internet et des réseaux sociaux pour toucher le consommateur final dans sa « vraie vie ». Or pour cela, il faut des étendards : des Angry Birds, Doodle Jump, Cut the Rope, Slice it!... Bref des déclencheurs d'achat.

De timides signes de changement
Depuis peu, le jeu sur Android se singularise néanmoins un petit peu. Il y a d’abord ces jeux en 3D relief annoncés sur le Sharp Galapagos au Japon, développés par Capcom et Konami. Ils n’ont à ce jour aucun équivalent sur iOS. Enfin, dans un tout autre registre, on a vu une communication se développer autour des jeux Android avec une publicité télévisée pour la Samsung Galaxy Tab basée sur des jeux Gameloft (dont la boutique est embarquée dans la tablette) et une autre uniquement consacrée aux jeux Gameloft sur Android. Par comparaison, la communication sur le jeu sur iOS n’a toujours été faite que par Apple. Certes Google ne fait pas de campagne équivalente pour Android, mais cela traduit tout de même un investissement d’un niveau supérieur des développeurs/éditeurs de jeux.

Quelles solutions pour l'avenir ?
En l’état actuel des choses, Android n’a pas les moyens de supplanter l’iOS sur le terrain du jeu. Mais les choses peuvent changer très vite. Souvenez-vous, il y a deux ans à peine, bien peu misaient sur l’iPhone.
Il faudra néanmoins un certain nombre d’évolution dans l’avenir, principalement pour gagner la confiance des consommateurs. Le descriptif des jeux sera primordial. Quel que soit le magasin virtuel qui le vendra, tout jeu devra avoir une fiche signalétique complète pour déterminer sur quels appareils le jeu fonctionne effectivement. Ce préalable est indispensable à la confiance des consommateurs. Ensuite, Google devra œuvrer pour chaque mise-à-jour majeure à apporter un cahier des charges minimaliste toujours plus précis afin de faciliter les tests et étiquetage des jeux. Qu'un jeu compatible 3.0, par exemple, fonctionne effectivement sur tous les appareils équipés de ce système. Cela suppose nécessairement plus de rigidité que le système actuel trop ouvert. Enfin, les prélèvements sur la facture de téléphonie devraient aider à franchir le pas. Les marchés des opérateurs téléphoniques auront un avantage non négligeable de ce fait. Banaliser l'acte d'achat sur Android est primordial et l'achat de contenus supplémentaires in-game pourra y contribuer.

Enfin, Android pourra tirer profit des quelques jeux développés exclusivement sur lui par des développeurs souhaitant fuir la jungle cacophonique de l'App Store. En ce sens des projets pionniers comme Runes MMORPG sont à surveiller de près.
Mais au fait, Google a-t’il vraiment l’intention de s’implanter sur le marché du jeu vidéo ?


Fabrice A.

Discussion sur le forum Yaronet





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