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2009-09-18 22:50
interview/Divers

[Interview] DotEmu redonne vie à d'anciens hits du jeu vidéo sur iPhone, et envisage de le faire sur DS et PSP


[Pockett.net] - L'émulation est un procédé qui permet, grâce à un dispositif logiciel ou matériel appelé « émulateur », de faire fonctionner sur un appareil (ordinateur, console, téléphone...) des logiciels prévus à l'origine pour un appareil différent. La société DotEmu est une société spécialisée dans ce domaine et redonne une nouvelle vie à d'anciens jeux, sur téléphones ou sur le Web. Nous avons voulu en savoir plus en rencontrant ses cofondateurs, Xavier Liard (CEO) et Romain Tisserand (CTO).

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A gauche, Xavier avec dans les mains un des rares One Chip MSX présents en France. A droite, Romain avec un Amiga 500.[/center]

Pockett.net : Pouvez-vous nous résumer DotEmu en quelques mots ? (son histoire, le nombre d'employés...)
Xavier Liard : Il y a sept/huit ans, Romain et d'autres personnes travaillaient sur des émulateurs en ligne en Java...
Romain Tisserand : Je faisais cela pendant que j'étais étudiant en école d'ingénieur (c'est là que nous nous sommes rencontrés, Xavier et moi). Nous avons décidé de créer une entreprise autour de cela. Ce que nous avons concrétisé en 2007. Nous avions eu des contacts avec des acteurs majeurs du jeu vidéo, et notamment une proposition de rachat de notre technologie, mais je ne peux pas vous dire par qui, car même si cela ne s'est pas fait, nous sommes toujours sous NDA (non disclosure agreement). Dans ce cadre, une des entreprises nous a demandé si ce que nous faisions pouvait fonctionner sur téléphones portables puisqu'elle utilise Java aussi. Nous avons cherché des subventions, nous avons été sélectionnés à des concours comme l'ANR (Agence Nationale de la Recherche), nous sommes soutenus par la ville de Paris (qui nous a permis d'avoir des locaux). Aujourd'hui, nous avons des clients au Japon, aux Etats-Unis, en Europe. En plus de 40 000 euros d’apport personnel en capital, nous avons levé 120 000 euros auprès d’un investisseur semi-privé semi-public spécialisé dans le fond d’amorçage : Scientipôle Capital. Aujourd’hui nous avons quatre postes fixes, et deux à quatre variables. Nous travaillons également avec des freelances et des agences.

Pockett.net : Quel est votre parcours personnel par rapport aux jeux vidéo ?
R. T. : J'ai commencé avec un Amstrad CPC (j’étais en CP). Je jouais dessus et je programmais en Basic. Puis j'ai eu un PC pendant le lycée, avec lequel je jouais moins, mais sur lequel je programmais encore plus. J'ai eu une Megadrive de Sega que je considère comme une des meilleures consoles de l'époque. J'ai décroché des jeux « modernes » vers 1995, J'avais le sentiment que tout était aseptisé. Il m'arrive encore de jouer avec des jeux récents, mais très peu.
X. L. : Mon premier ordinateur a été un PC 8086. J'ai passé beaucoup de temps sur Prince of Persia. J'ai commencé à programmer en Turbo Pascal sur mon PC suivant, un 286 à 16 MHz. J'ai fait des projets de sites Internet, hébergés sur iFrance à l’époque. Aujourd'hui, je joue soit à des MMORPG, soit à d'anciens jeux comme les Final Fantasy (avec le septième !), Secret of Mana...

Pockett.net : Quelle est votre activité exactement ?
X. L. : Nous proposons à des ayants-droits des solutions pour adapter d'anciens jeux sur plusieurs plates-formes.

Pockett.net : Lesquelles ?
X. L. : Aujourd’hui, principalement sur Internet en Flash, sur iPhone et sur PC. Et nous tenons à suivre les tendances pour proposer du retro-gaming de qualité sur les toutes dernières plateformes qui s’y prêtent. Nous avons par le passé développé sur Windows Mobile, Symbian (mais nous allons arrêter), Palm et nous pensons à Android lorsque le marché sera plus développé. Nous avons abandonné Java pour diverses raisons. La principale étant que le marché des téléphones Java est trop fragmenté. Concernant nos solutions en Flash, nous avons dernièrement porté Street Fighter II pour le compte de Gametap/Capcom, ainsi que Boulder Dash. Depuis mars dernier, nous avons relancé plus sérieusement le site easyretro.com. En juillet, nous avions atteint 9 millions de parties jouées dans le mois. Ce site est financé par des régies publicitaires. Nous sommes en train d'inclure des micro-paiements. Pour finir sur le pôle PC, nous avons travaillé sur de nombreux titres du catalogue Microids, en plus de nos licences actuelles (Simarils, Lankhor...).
R. T. : Dernièrement, nous avons terminé le portage de Golvellius sur iPhone, notre troisième jeu sur cette plate-forme, pour le compte d'une société japonaise, D4Entreprise qui a récupéré les droits auprès d'une autre société japonaise, Compile. Pour la petite histoire, c'était à l'origine un jeu pour micro-ordinateurs MSX, adapté sur la console Master System de Sega, puis revenu sur MSX...

Pockett.net : A vous entendre, le portage sur les nouvelles plates-formes prend du temps avec votre solution. Ce n'est pas une émulation à 100 % du jeu originel ?
R. T. : Nous ne nous contentons pas de prendre un émulateur, de mettre la ROM et de vendre l'ensemble. Nous avons notre technologie, mais on améliore aussi le jeu pour l'adapter aux supports actuels. Par exemple, à l'époque, pour sauvegarder les parties, il y avait un système de mots de passe dans Golvellius à taper au clavier. Une telle solution ne serait pas adaptée à l'iPhone. Nous avons donc repéré dans le logiciel les routines correspondantes et nous les avons remplacées par une sauvegarde automatique. Aussi, nous avons réduit légèrement le nombre de monstres car la difficulté aurait été trop importante pour une interface iPhone. Bien sûr, les puristes pourraient nous reprocher cela, mais c'est un choix que nous avons fait dans l'intérêt des joueurs.

Pockett.net : Vous utilisez une technologie maison ou qui repose sur des outils open source ?
R. T. : Notre technologie est entièrement maison. Je travaille dessus depuis huit ans. Nous supportons tous les systèmes 8 et 16 bits courants, sans compter l'arcade.

Pockett.net : Avant de lancer DotEmu, vous aviez déjà diffusé des émulateurs ?
R. T. : Je n'ai pas diffusé tout ce que j'ai écrit, mais j'ai notamment écrit BadBoy, un émulateur de Game Boy (qui n'était pas très performant je l'avoue), et participé à Koyote, un émulateur de Neo Geo Pocket (qui supportait le son).

Pockett.net : Pourquoi avoir adapté les jeux de l'éditeur Silmarils ?
X. L. : L'idée, c'était « on va identifier les ayants-droits ». Nous sommes ainsi tombés sur Louis-Marie Rocques, le fondateur de Silmarils et qui travaille actuellement chez Eversim (éditeur de Geo Political Simulator). La série des Ishar, par exemple, a connu son heure de gloire. Nous croisons beaucoup de gens qui y ont joué à l’époque et qui attendent un pack compatible avec les PC actuels. Techniquement, cela reste complexe, mais c’est un plaisir de travailler avec des figures de l’époque.

Pockett.net : Souvent les droits d'un jeu appartiennent à plusieurs personnes : programmeur, graphiste, musicien... Comment faites-vous ?
X. L. : La première possibilité, c'est celle où ces personnes ont cédé leurs droits à une société (ou ont travaillé pour le compte de la société) qui existe toujours ou qui a été rachetée, et avec qui nous pouvons négocier. La seconde possibilité, c'est celle que vous décrivez. Nous ne gérons alors que ces cas les plus simples, c'est-à-dire ceux où une personne a négocié avec ses co-ayants-droits et centralise le tout afin que nous n'ayons qu'un seul contact. Nous payons ensuite en droits d'auteur, sous le régime Agessa.

Pockett.net : Allez-vous créer des jeux originaux ?
R. T. : Notre vocation n'est pas de créer des jeux. Cela demanderait une structure beaucoup plus lourde avec du game design, du level design... Nous avions pensé à quelques projets simples sur iPhone, mais nous préférons finalement rester concentrés sur notre métier de base, là où nous savons que nous avons une forte valeur ajoutée.

Pockett.net : Quels sont vos objectifs à long terme ?
X. L. : S'élargir selon deux axes. Actuellement, nous avons encore un catalogue restreint. Nous estimons qu'environ 10 000 jeux existants pourraient bénéficier de notre technologie, dont 2 000 particulièrement intéressants. D'autre part, augmenter le nombre de plates-formes cibles.

Pockett.net : Lesquelles ?
R. T. : J'ai le sentiment que Windows Mobile va revenir en force. Par contre, nous sommes écoeurés de la façon dont Nokia a fait évolué techniquement Symbian. Nous plaisantons en disant qu'il nous faut deux à trois semaines pour faire un portage sur Windows Mobile, deux à trois mois sur iPhone, et deux à trois ans sur Symbian. Nous avons jeté un oeil aux dernières documentations techniques de Symbian, et nous avons renoncé à développer dessus. De plus, il y a beaucoup trop de piratage sur ce système. Nicky Boom a bien marché commercialement sur Windows Mobile, pas sur Symbian. Sur ce dernier, quatre jours après sa sortie, nous avions constaté 12 000 téléchargements pirates alors que nous avions vendu beaucoup moins d'exemplaires du jeu.

Pockett.net : D'autres plates-formes ?
X. L. : Samsung, on n'est pas convaincu. Palm Pre, on va prendre le contre-pied de beaucoup de professionnels car on y croit plus, sans savoir encore si l’on va travailler dessus dans l’immédiat. On avait eu un bon volume de ventes sur Palm. Il n'y a très peu de piratage sur cette plate-forme. On avait envisagé aussi de travailler sur Zeebo (NDLR : une console brésilienne au hardware proche des téléphones mobiles) ainsi que sur les set-top box (NDLR : les appareils comme les décodeurs pour télévision). On se pose la question aussi sur Nintendo DSi ainsi que le service PSP Minis. En fait, ce qui nous intéresse ce sont toutes les plates-formes où il y a une distribution digitale. La vente au détail en magasin, en ce moment, ce n'est pas ça...

Pockett.net : Quelle est votre prochaine actualité ?
X. L. : Golvellius sur iPhone est validé par Apple et est prévu pour le 22 septembre. Ensuite, très bientôt, nous allons sortir Nicky Boom 2 sur iPhone. Plus tard, en octobre ou novembre, nous allons sortir un pack Silmarils d'une dizaine de jeux. On s'est appuyé sur DosBox pour une fois. On envisage de sortir aussi Ishar sur iPhone, mais nous devons faire face à une grosse difficulté technique : nous n'avons pas son code source et nous travaillons donc par rétro-ingénierie. C'est un gros travail et, du coup, nous allons sortir sans doute seulement un des trois volets. On espère début 2010. Nous avons d'autres projets en cours, mais sous NDA (non disclosure agreement) donc nous ne pouvons en dire plus.

Pockett.net : Une anecdote pour finir ?
X. L. : Nos premiers bureaux faisaient une surface de 8 m². Nous étions tous tassés dedans, la climatisation ne fonctionnait pas. La seule fenêtre donnait sur une cour de 1 m². C'était bruyant, les pigeons passaient leur temps à se battre et à se reproduire. On a vraiment été content de changer de locaux.
R. T. : Nous faisons cela par passion. Pour nous, ces anciens jeux ont une véritable valeur. Quand on se lançait, on avait téléphoné au responsable d'un gros éditeur, dont je tairai le nom, pour lui présenter notre activité. Sa réponse a été : « Pourquoi sortir des anciens jeux alors qu’on en fait des nouveaux ? ». Et il nous a raccroché au nez. Visiblement, la Virtual Console de Nintendo a fait évoluer des mentalités...
Olivier A.

Discussion sur le forum Yaronet





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