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2004-05-31 00:00
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Épilepsie : flash spécial !


Accusés de tous les maux, les jeux vidéo sont-ils vraiment responsables des crises d’épilepsie ? Si l’on s’en tient à la loi, cela ne fait aucun doute. Mais si l’on creuse un peu, la réponse laisse plus que perplexe d’autant que des menaces plus graves proviennent d’autres secteurs dans l’indifférence générale.
Maix (merci à R.B. !)


D’abord, un peu de médecine. L’épilepsie (« prendre par surprise » en grec) est, dans sa forme habituelle une maladie neurologique, caractérisée par des crises à répétition. Ses manifestations sont diverses : chutes, convulsions, pertes de connaissance, voire un relâchement des sphincters. La lumière intermittente étant l’un des facteurs déclenchants chez certains sujets, le pas fut donc rapidement franchi pour faire naître une véritable psychose contre les jeux vidéo dans les années 1990. D’autant qu’à l’origine, nous souligne Robert Naquet, chercheur au CNRS sur ces questions, « les officiels pensaient que c’était le sujet qui était inducteur de crises (batailles, scènes d’horreurs...) ». Cette psychose fut traduite par un décret, édicté en 1996. Depuis, les emballages des jeux portent tous l’angoissante mention « attention : chez certaines personnes, l’utilisation de ce jeu nécessite des précautions d’emploi particulières ». Ces précautions sont de jouer dans une pièce éclairée, de ne pas avoir le nez collé à l’écran et de faire des pauses toutes les heures. À défaut : danger !

Encore des zones d’ombre

Selon ce décret, un jeu vidéo est un « produit permettant la diffusion d’images comportant des stimuli pouvant favoriser la crise d’épilepsie photosensible ». Ces stimuli se manifestent par « la succession rapide d’images ou la répétition de figures géométriques simples, d’éclairs et d’explosions ». Pour les rédacteurs, il n’est donc pas question de s’embarrasser. On part du principe que les jeux vidéo se ressemblent tous, on applique le même régime à l’ensemble du secteur. Le Démineur, Half Life , même combat ! Mais ainsi posées, de telles généralités sont aussi inquiétantes que le mal qu’elles entendent combattre. Ces répétitions de figures géométriques, ces flashs lumineux ne se retrouvent-ils pas à la télévision ou au cinéma, par exemple ? Dès lors, en quoi les jingles syncopés et bariolés de M6 sont-ils moins dangereux qu’une partie de Bubble Bobble ou Tetris ? Et si un jeu d’échecs sur console peut déclencher une crise d’épilepsie photosensible, à quoi peut-on s’attendre en regardant la bande-annonce d’un film d’action, plein « d’éclairs et d’explosions » ? N’oublions pas que le 16 décembre 1997, plusieurs centaines de japonais ont été hospitalisés après avoir regardé un épisode de Pokémon à la télévision ! Et que penser de ces magasins qui donnent des vidéocassettes de promotion sur laquelle sont enregistrées des présentations de nouveaux jeux vidéo ?

Volte-face sur l’épilepsie

Pis, le champ d’application du décret comporte une réserve surprenante, jamais contestée par les acteurs du secteur. Il n’impose aucune obligation d’affichage pour « les jeux vidéo à cristaux liquides dont la tension nominale est inférieure ou égale à 3 volts ». Dans les écrans LCD, l’orientation des cristaux de chaque pixel est commandée par une matrice, rappelle le Dr Parrain, neurologue, dès lors « la tension nominale va être appliquée à chaque pixel et va déterminer la brillance de l’image. Pour certaines images, il faut éviter une brillance excessive, surtout s’il y a un effet stroboscopique ». Et du coup, ceci exige que la tension soit contenue. Toutefois, si ce palier fait directement référence au nombre de piles présentes dans la console, rappelons qu’en 1995, alors que le texte était en préparation, toutes les consoles à cristaux liquides fonctionnaient à l’aide de 4 à 6 piles de 1,5 V, soit 6 à 9 V (Game Boy de Nintendo, Game Gear de Sega, Lynx d’Atari, Turbo GT de NEC). Lors du premier salon E3 qui se déroulait à Los Angeles, quelques temps avant l’adoption du texte, Nintendo dévoilait son nouveau Game Boy Pocket qui, comme les futures GBA ou GBC, ne fonctionne qu’avec deux piles, soit 3 V. Dès l’origine, les épileptiques en puissance ont pu jeter au plus vite leur Game Boy pour profiter des mêmes jeux sur les versions Pocket. Aucun risque, selon le décret ! Alessandro Volta doit en trembler de rire... Et, si la prévention a toujours sa part d’importance, le livret d’avertissement accompagnant les jeux GBA est légalement inutile.
En 1998, une équipe du CNRS, dirigée par Robert Naquet, se pencha sur ces questions. Après enquête, elle conclut que « les jeux vidéo portables ne semblent pas provoquer de crises chez les sujets photosensibles ». Le scientifique nous a d’ailleurs confirmé qu’«à condition que les écrans ne deviennent pas trop grands et que les caractéristiques des écrans ne soient pas changées », ces résultats sont toujours valables. Malgré tout, l’étude, « soutenue par le ministère de l’Économie », n’a su faire réviser le texte de 1996.

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Sites illégaux
Le décret ne se limite pas seulement aux jeux vendus dans le commerce. Il vise également ceux distribués ou « mis à disposition du public » gratuitement. De là, tous les sites proposant, par exemple, des petits jeux en Flash ou Java sont tenus d’afficher le message d’avertissement, sous peine d’une contravention de 5e classe ![/table]

Article paru dans Le Virus Informatique n°26






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